THE SUPERMEN LOVERS : LA FRANCE ET L’ELECTRO, JE T’AIME MOI NON PLUS

Suite à la sortie de son nouvel EP “Walking on the moon“, The Supermen Lovers nous a fait part de son expérience électro.  Une rencontre qui nous amène à nous ouvrir aux musiques du monde. 

Guillaume Atlan alias The Supermen Lovers ne reste pas toute la journée dans son studio. En tout cas, ce n’est pas son genre. Quand il n’est pas sur son synthé pour réaliser ses compositions, il va dans les quatre coins du monde pour se produire en live. Ses voyages lui ont permis de découvrir d’autres cultures, ainsi que d’autres genres musicaux qui n’existent pas en France.

Dans ses périples, il ne s’arrête pas qu’en Europe. Il va en Sibérie, au Kazakhstan, et même cette année, il va se déplacer à Nouméa. « J’aime bien l’est, parce que les gens sont chouettes, les fêtes aussi », nous confie-t-il.  Au moment où il se rend à l’adresse du lieu du concert, c’est toujours la découverte. Les clubs sont souvent des endroits atypiques : une usine désinfectée, le dernier étage d’un immeuble… La surprise est toujours au rendez-vous.

« J’aime jouer partout », proclame l’artiste. Mais il avoue avoir une préférence pour les petites villes. Dans les grandes, « ils ne vont pas se mettre à se rouler par terre. Ça se lâche plus difficilement dans les villes importantes comme Londres, Amsterdam et Paris ».

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Mondialement, la France n’existe pas dans l’électro

Et ce n’est pas la seule raison de ce manque d’engouement. Il y a très peu d’évènements électro en France et ceux-ci ont tardé à faire leur apparition. Autour, en Europe et dans bien d’autres pays, cela fait des années que ces soirées existent. Guillaume Atlan pense réellement que la France a un problème d’ouverture sur le monde, « il se passe des milliards de choses dans le monde musicalement et ici, on n’est pas du tout au courant ». Les artistes français qui veulent se lancer dans ce genre musical sont même obligés d’aller à Ibiza pour se produire et se faire un nom… et dans notre pays, on n’en entend pas parler. « Pourtant on a eu une période où on s’est ouvert au monde et ça a fonctionné du feu de dieu. Aujourd’hui, on voit que dès qu’on se referme, on est complètement à l’ouest » ajoute-t-il.

Pour lui, l’industrie musicale considère simplement la France comme le centre du monde et elle ne voit pas au-delà. Si des DJ veulent se produire en France, « cela ne marchera pas, parce que la plupart des artistes ne sont pas connus ici, donc personne ne viendra les voir ».

Les maisons de disques à la traîne

Aujourd’hui, de nombreuses personnes et de labels fonctionnent avec le streaming. On sait par exemple que des artistes se sont fait connaitre grâce à Youtube. Les maisons de disques en France commencent seulement à se rendre compte de leur retard dans le marché musical. Les indépendants font beaucoup plus de vues qu’eux, ce qui a tendance à les agacer, « c’est un problème d’ouverture d’esprit. Et dans l’électro, c’est d’autant plus flagrant ».

D’après lui, de nos jours, on peut tout faire soi-même. On n’a plus vraiment besoin des maisons de disques, « c’est un outil de distribution, une banque, elles vont permettre de répondre à la demande quand tes titres marchent beaucoup ». Et encore, The Supermen vous dira qu’une banque fera aussi très bien l’affaire ! A l’étranger, elles ont su s’adapter. Les maisons de disques gèrent l’artiste en amont. Il n’est plus question de signer avec l’artiste après le buzz, comme « en France, elles adorent signer 4 ans après le buzz », mais de créer littéralement le buzz.

 

Fanny Labarre, article publié sur le site gfmlaradio.com

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