Face au coronavirus, les sages-femmes s’adaptent pour protéger les mamans

En tant que sage-femme, Lenaïc Leguluche possède un cabinet à Meaux dans la rue Saint-Faron depuis un an et demi. Elle réalise principalement des échographies gynécologiques et accompagne les futures mamans jusqu’aux dernières semaines avant leur accouchement.
Malgré la pandémie, elle assure que ses patientes ne sont pas inquiètes. La seule chose à laquelle Lenaïc doit faire face, c’est le manque de matériel pour se protéger elle-même et les futures mamans.

Les futures mamans, pas assez protégées

Le Haut Conseil de Santé Publique a classé les femmes enceintes comme personnes à risque… À partir du 3e trimestre. « Ce qui me choque, c’est qu’elles sont considérées comme des personnes à risque mais rien ne leur est donné pour qu’elles se protègent », s’insurge la sage-femme. D’autant qu’à cette période, le bébé est viable. Si l’état de la maman se détériore, quelle que soit la pathologie, « les professionnels de santé vont préférer le sortir plutôt que prendre un risque pour la maman ».

Le matériel est désinfecté à chaque fois

Pour limiter les risques de contamination, Lenaïc Leguluche a instauré certaines consignes qu’elle a imprimées et mises dans sa salle d’attente.
La présence du père est interdite lors de la consultation. « Ça les dérange un peu, mais elles s’y plient ». Les futures mamans ne doivent pas se croiser en salle d’attente à moins qu’elles soient à plus de 1 mètre les unes des autres. « Nous essayons le plus possible d’espacer les rendez-vous et ma salle d’attente me permet de bien espacer les chaises », explique-t-elle. Un gel hydroalcoolique est également à disposition pour se laver les mains en entrant et en sortant du cabinet.

Sans matériel, le travail est laborieux

Équipée de gants et d’un masque, la sage-femme se décrit comme « la reine de la lingette ».
Après chaque consultation, tout ce qui est touché par la patiente est désinfecté. La poignée de la porte d’entrée y passe également. « Elle ne touche pas ma porte pour entrer, c’est toujours moi qui ouvre ».
Pour tout nettoyer après une consultation, Lenaïc Leguluche utilise 3 à 4 lingettes en moyenne. « Nous n’avons pas assez de matériel, les pots de lingettes arrivent au compte-gouttes et n’en contiennent pas beaucoup. Je peux avoir jusqu’à 12 patientes en une journée », précise cette dernière. Elle va donc elle-même en acheter au supermarché.
Pour les masques, elle n’a droit qu’à 6 masques par semaine. « C’est laborieux, on nous demande de ne pas sortir et on doit aller toutes les semaines prendre des masques », ajoute-t-elle. Il lui arrive donc d’en garder un plusieurs jours. « J’en mets vraiment un tout neuf tout propre si la dame me dit qu’elle a de la fièvre, par exemple ».
« En tant que libéraux, nous rencontrons beaucoup de monde, nous devrions être testés, ce n’est pas normal. Si nous sommes infectés, nous sommes les premiers vecteurs », conclut-elle. Heureusement des dépistages pour les professionnels de santé commencent à se pratiquer à Meaux.

 

Fanny Labarre pour La Marne

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