Crécy-la-Chapelle : Rachele, infirmière libérale, en première ligne de la contamination

Suite à la pandémie, les infirmiers libéraux ont eu leur emploi du temps bouleversé. Rachele Guesdon, 43 ans, est infirmière libérale et a un cabinet avec son collègue Joël Roger à Crécy-la-Chapelle.
En plus de ses patients réguliers, où une haute surveillance est de mise, son cabinet s’est porté volontaire pour s’occuper des personnes contaminées par le Covid-19.

Haute surveillance des patients réguliers

Étant donné que les opérations prévues pour ses patients ont été annulées à cause du coronavirus, Rachele a mis en place une surveillance renforcée à domicile. « Beaucoup de seniors et de jeunes étaient paniqués. Ils ont posé des questions pour savoir ce qui allait se passer et ce que cela impliquait », explique-t-elle. Ils ont également demandé s’ils risquaient d’être contaminés à cause de ses passages. Heureusement, Rachele a su les rassurer : « De plus, les enfants des personnes les plus agées nous ont indiqué qu’ils préféraient que nous passions pour garder un œil sur leurs parents et voir s’ils développent des symptômes ».
Pour éviter le plus possible les contacts, elle a limité ses passages lorsqu’un aidant était déjà sur place. « La personne pourra lui donner les médicaments que nous préparons en amont et en toute sécurité. Nous restons joignables s’il y a le moindre souci », détaille-t-elle.

Seule et sans réelles consignes

Quelles mesures met-elle en place pour éviter toute contamination ? « C’est le problème, à l’hôpital tout est clair et carré ; à domicile, nous sommes un peu seuls. Que ça soit les médecins, les professions libérales, nous avons eu beau chercher, nous n’avons pas trouvé de consignes très claires », révèle l’infirmière. Avec son collègue, ils ont donc mis en place les mêmes mesures qu’à l’hôpital : mettre des surblouses, des gants et un masque. Et le matériel reste chez chaque patient.

Prise en charge des personnes contaminés

Le cabinet de Rachele et Joël s’est porté volontaire pour prendre en charge les personnes infectées. Ils ont été appelés par la Sécurité Sociale qui leur a confirmé qu’ils allaient en prendre en charge. « Je pense qu’il va falloir désengorger les hôpitaux et permettre justement le maintien ou la prise en charge à domicile par les infirmiers libéraux. Lorsqu’ils vont tous rentrer chez eux, ça va être comme un tsunami », suppose-t-elle.

« Une gestion de crise pour ne pas dire de guerre »

Elle sait qu’il y aura des surveillances cliniques où il faudra regarder s’il y a des difficultés respiratoires, prendre la température, la tension, etc. Mais elle ne sait pas vraiment ce qu’il l’attend. « Ça va être une gestion de crise, pour ne pas dire de guerre. Tout se fera au cas par cas en fonction de la gravité de l’infection. Quand il y aura un appel, nous le prendrons en charge, nous nous débrouillerons », affirme Rachele.
La condition pour que le cabinet prenne en charge ces patients c’est « que l’État nous mette à disposition du matériel, car hormis la boîte de masques que nous avons reçue, qui, je ne vous le cache pas, fond comme neige au soleil, le reste du matériel, c’est nous qui nous débrouillons ».
Pour se protéger, protéger ses patients et ainsi sauver des vies, ce matériel est précieux.

Fanny Labarre pour La Marne

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