La Journée de la laïcité à l’école mobilise peu les enseignants

La Journée de la laïcité à l’école est célébrée aujourd’hui, ce 9 décembre, date anniversaire de la loi de séparation des pouvoirs entre l’Etat et l’Eglise. Instituée par François Hollande peu après l’attentat de Charlie Hebdo, en janvier 2015, elle est passée inaperçue dans certains établissements scolaires.

En Seine-et-Marne, devant le collège Henri IV à Meaux, une professeur d’Histoire Géographie et d’Education Civique, Mlle Simon, retrouve comme tous les mercredis, depuis deux ans, ces élèves. Elle a choisi de ne pas fêter ce jour spécial. Elle juge que la laïcité doit être évoquée tout au long de l’année et non pendant une seule journée. En direction de sa salle de classe, les collégiens se bousculent, elle affirme que l’instauration de cet évènement est une bonne chose. Elle poursuit de manière sceptique en expliquant qu’il doit être mieux préparé pour ne pas ressembler à un banal cours d’éducation civique. Arrivée à son cours, ses élèves bavardent. Elle s’installe, puis le silence commence à se dresser. Le cours va commencer. Debout, elle leur annonce qu’aujourd’hui elle ne célèbre pas la journée de la laïcité. En effet, elle précise qu’il serait plus judicieux et enrichissant pour eux que des intervenants viennent dans l’école, les confronter à des situations concrètes ou à des témoignages. En dehors de son discours, elle avait précisé que peu d’élèves comprennent ce qu’est la laïcité, qu’elle est d’ordre public et non du privé. Ils la confondent aussi avec la liberté de culte, qui est le droit d’une personne de choisir librement de pratiquer une ou aucune religion.

D’autre part, elle ne comprend pas que la France qui prône la laïcité autorise que des partis politiques comme “les musulmans démocrates” ou “chrétiens démocrates” existent, remettant en cause la laïcité en faisant le lien avec la religion et l’Etat.

Fanny Labarre