Les solutions d’hébergement pour mineures enceintes

Lieu de vie ou centre maternel ? Les mineures enceintes ont le choix. En France, il y a très peu de structures qui existent pour accueillir ces mamans adolescentes. Pourquoi ? Benoit Omont, gérant du lieu de vie Le Domamour du Boshion, répond à nos questions.

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Le Domamour du Boshion se situe à Orvaux, en Normandie – Benoit Omont

Parfois rejetées par leur propre famille, les mineures enceintes sont souvent dirigées vers les centres maternels. L’objectif de ces structures est d’aider les femmes enceintes ou les mères isolées, accompagnées d’enfants de moins de trois ans, et d’apporter un soutien matériel et psychologique, dans le but d’éviter les abandons d’enfants. Ces maisons maternelles relèvent du département où elles se situent et sont dépendantes du service d’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

En France, il y a très peu de centres qui accueillent des mineures enceintes. Benoit Omont, gérant du lieu de vie Le Domamour du Boshion, ainsi que conseiller conjugal et familial, explique que leur création est très compliquée. Les autorisations pour en ouvrir sont très difficiles à obtenir. « Les conseils départementaux craignent que les professionnels, qui ont pour vocation de créer des centres pour les mineures enceintes, veulent défendre la vie plutôt que proposer l’avortement », révèle-t-il. Il est possible d’en trouver, mais ils ne sont souvent pas assez adaptés à ce qu’elles ont vécu. On leur demande dès leur entrée d’avoir un projet d’insertion, « on ne peut pas avoir un projet d’insertion personnel lorsqu’on est complètement déstabilisé par les conditions de vie qu’on a vécu. On ne peut pas se relever, sans avant s’être posé ». Elles ont été mises à l’écart de leur famille, leurs amis et leur petit-ami, ces jeunes femmes n’ont qu’une chose en tête, survivre.

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Un lieu d’entraide où règne l’amour – Benoit Omont

Ce besoin de survie, Benoit Omont l’a bien compris, « j’ai constaté que beaucoup de jeunes filles, avec un parcours traumatique, étaient mal accompagnées dans certaines structures d’accueil. Il n’y avait aucun endroit où elles pouvaient réellement se poser pour pouvoir penser leur vie et panser leurs blessures ».

C’est sur cette pensée qu’il a décidé de créer le lieu de vie, Le Domamour du Boshion, près d’Evreux, en août 2008. Un endroit fondé sur l’écoute et l’accompagnement individualisé de ces mamans. Quatre professionnels, dont le chef, sont en permanence avec les adolescentes, « on vit dans notre maison avec elles et on les accompagne au quotidien, à leur rythme ». Evidemment, elles n’arrivent pas chez eux sans être passées devant le juge des enfants. Pour envisager une pré-admission, il faut déjà qu’une place se libère. Il peut accueillir jusqu’à cinq personnes chez lui, cinq autres places sont disponibles dans des appartements, mais elles y iront accès seulement quand elles seront majeures et autonomes.

Contrairement à la majorité des centres maternels, qui font un accompagnement global et accueillent des personnes de tout âge sur dossier, Benoit Omont accepte toutes les filles enceintes, tant qu’elles ont moins de 18 ans, « la seule limite que je donne, c’est qu’il faut que la jeune fille ait envie que nous l’accompagnons et qu’elle ait le désir de s’occuper de son enfant ». De plus, il n’y pas de turnover comme dans ces maisons maternelles, le gérant veille à ce qu’il y ait toujours le même personnel, afin qu’elles aient toujours un seul et même interlocuteur.

Expérimenter le rôle de mère

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Les professionnels de ce lieu de vie veille à la protection de ces enfants – Benoit Omont

Ces mamans mineures n’ont souvent pas eu de modèle de relation positif avec leur mère. Il y a alors un énorme travail à fournir pour qu’elles inventent leur position de maman, « on les accompagne dans leur bien-être personnel. On met en place des lieux d’écoute et de soins thérapeutique ». Le but est de construire un lien affectif avec leurs proches et avec leur enfant dès la naissance. Il faut les accompagner, les encourager dans leur développement personnel, pour leur redonner confiance et leur apprendre à s’occuper de leur nouveau-né, « on dit que l’on fait un étayage parental. On leur permet d’expérimenter leur rôle de maman ». Être maman n’est pas inné et n’est pas si facile, surtout à cet âge. Le rôle, de ces professionnels, est aussi de protéger l’enfant si la maman n’est pas en capacité de s’en occuper, « ce ne sont pas pour autant de méchantes femmes ».

Vient par la suite l’insertion sociale et professionnelle, lorsqu’elles arrivent au Domamour, elles sont souvent déjà déscolarisées à cause de leur grossesse, « il n’y a pas de scolarité si la maman n’est pas sûre que son enfant est bien pris en charge. Si la maman n’est pas certaine de ses capacités intellectuelles, il ne faut pas qu’elle retourne à l’école sinon cela renforcera encore plus son complexe d’infériorité ». Si elles n’arrivent pas à avoir confiance en elle, il leur sera difficile de vivre en société et de faire face au critique. Pour les aider dans leur démarche d’emploi, le lieu de vie est en partenariat avec la mission locale. Elle les guidera vers un emploi ou une formation qui leur plaira. Si elles souhaitent reprendre leur scolarité, la structure peut contacter les dispositifs réservés aux jeunes qui ont décroché du système scolaire, comme le réseau « formation qualification emploi ».

Le désir inconscient de la grossesse des mineures enceintes

Dans le courant des confidences qu’il a pu avoir avec les filles qu’il a accueillies, la plupart avaient déjà eu une grossesse et ont été obligées, par la famille, d’avorter, « elles ont recommencé une grossesse, parce que le désir inconscient de la grossesse était présent ». Ce désir s’installe autour d’un moyen de survie, elles veulent accorder une attention qu’elles-mêmes n’ont jamais eu.

Aujourd’hui, on peut dire que la société a vraiment intégré le fait qu’une mineure peut tomber enceinte. Les départements commencent même à mettre en place des mesures pour les aider, « j’ai participé à une formation qui était organisée par un canton de l’Eure, il avait beaucoup de grossesses adolescentes, ils ont donc fait une formation professionnelle avec des personnes qui sont intervenues pour nous aider à comprendre comment elles fonctionnaient  ». L’objectif n’est plus d’empêcher ces jeunes femmes de tomber enceinte, mais de les accompagner. On ne peut pas empêcher ces grossesses, c’est le désir humain.

 

Fanny Labarre

MAELIG, EX DE LA NOUVELLE STAR, SORT SON PREMIER EP

Il a remporté le Festival des jeunes talents de la ville de Meaux, il a participé à la Nouvelle Star 2016, aujourd’hui, nous retrouvons Maelig avec son premier EP. Homme au grand cœur, véritable gaffeur et petit mec du 77, qui est-il ?

C’est dans la bonne humeur, que nous avons pu faire la rencontre de Maelig dans nos studios. Il aime et vit la musique. Dès son entrée, il nous a plongés directement dans son univers avec l’interprétation d’un de ses titres, un très bon moment de partage. A défaut d’avoir réussi le pari de ne faire aucune gaffe en 2017, il a pu sortir son premier EP, le 1er janvier 2017.

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– Maelig

MAELIG, CE PETIT MEC DU 77

Ses compositions reflètent sa vie quotidienne. Les moments qu’il a vécus, il s’en inspire. « J’aime transmettre des messages et partager. Je suis plutôt du genre à parler de problèmes généraux, pas des histoires de cœur », précise Maelig. Il ne voit pas la musique autrement qu’en la consacrant à ceux qui l’écoutent. Il écrit chaque jour une ou deux musiques. Bien sûr, il ne les gardent pas toutes. Certaines se retrouvent dans l’oubli, d’autres sont remodifiées, « sur le coup ça me plait, mais après je change d’avis ».

L’un de ses titres, J’avance qu’il définit comme le meilleur de son EP a été écrit en 20 minutes. Lui, qui se décrit comme le petit mec du 77, décide d’aider un sans domicile fixe qui faisait souvent la manche dans l’avenue de son lycée. « Les petits parisiens ne prenaient même pas la peine de lui donner 0,20 cts », ajoute le chanteur. Il a été touché par cet homme et lui donnait parfois des pièces lorsqu’il le pouvait. Et pourtant, il n’avait pas plus d’argent que ces jeunes de Paris. Un jour, sur un coup de tête, il décide de prendre sa ” guitare du 77 ” et de jouer pour lui. En une demi-heure, ce chanteur réussit à lui faire gagner 15 euros. Il rentre directement chez lui et se met à écrire cette musique, « lui n’avait rien, mais moi, j’avais tout ».

 

D’après lui, les personnalités connues n’ont pas plus d’importance que ceux qui ne le sont pas, « finalement pourquoi eux se comporteraient-ils différemment ? Pourquoi auraient-ils le droit ? Alors que les autres ne peuvent pas ». Il se décrit comme le Maelig qui chante dans sa chambre avec sa guitare et son caleçon, et non comme une star.

DE SA CHAMBRE À LA NOUVELLE STAR

Ce jeune homme, d’origine martiniquaise, avance dans sa carrière de manière simple et humble. Il est bercé dès sa naissance par la musique de ses origines, le zouk. A 12 ans, il commence à écouter du rap et aussi à écrire ses textes. Il prend aussi des cours de solfège, de batterie et de djembé.

Il monte son groupe The Mediator, vers l’âge de 16 ans, avec son plus fidèle acolyte Sébastien, qui continue de travailler avec lui sur ses musiques. A cette époque, Maelig avait plutôt le rock dans la peau. Il passe ensuite par le soul, le jazz puis le folk, «  j’ai découvert James Blunt et Ed Sheeran“. Le folk, c’est ça qui l’attirait. Il s’est alors lancé dans cet univers tout en y mélangeant celui du rap, qui lui tenait tant.

Sa vie prend un véritable tournant le jour où il découvre, en allant au lycée à Meaux, l’affiche du Festival jeunes talents. Il y participe, mais pris de panique, il perd à la finale. Déterminé à remporter la prochaine fois, il travaille chaque jour rudement pendant 1 an. Il y retourne et gagne. Par la suite, il tente la Nouvelle Star, qu’il abandonne avant les lives. Aujourd’hui, il ne revient pas seul, mais avec une nouvelle victoire, son EP.

 

SA DEUXIEME PASSION, LA MODE

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– Maelig

A côté de sa carrière musicale, Maelig est très intéressé par la mode. Il n’aime pas ressembler à tout le monde, il préfère se démarquer par son style vestimentaire, ” n’en déplaise à mon père qui me dit toujours : pourquoi tu t’habilles comme ça “. Et justement pour ressortir de la foule, il a décidé de lancer sa ligne de vêtement Jeune Parisien. Aucun travail à la chaîne, chacun peut avoir quelque chose d’unique. Il demande à l’acheteur ses traits de caractère et personnalise le produit voulu. Il fait un dessin et y ajoute une phrase drôle, ” par exemple, pour une amie qui est rousse et de religion judaïque qui s’appelle Leah, j’ai écrit : Fait attention avec Leah, tu vas te faire carotte ! “. Après l’achat, il leur propose de poser pour un shooting.

Le mot de la fin ?

N’oubliez jamais où vous avez commencé et où vous avez terminé“, conseille Maelig. Selon lui, il n’y a pas de petites opportunités, il faut tout prendre et partager la musique avec le plus de monde possible. Il faut savoir profiter de ce qu’on a au moment où il arrive et surtout penser à ceux qui nous ont accompagnés jusque-là.

Et aussi, le plus important, “il faut croire en soi“. Ce jeune martiniquais se sent désabusé du fait que des chanteurs profitant de leurs atouts physiques avancent mieux que ceux qui n’en ont pas, alors qu’ils le méritent beaucoup plus. ” Ce n’est pas parce que vous n’avez pas la tête que vous n’avez pas le talent pour faire ce que vous aimez “.

Vous pourrez retrouver Maelig en concert le 4 mars au Salon de la jeunesse à la salle des fêtes de Meaux à partir de 17h. Retrouvez ses titres sur iTunes, Spotify et Deezer.

Fanny Labarre, article publié sur le site gfmlaradio.com

THE SUPERMEN LOVERS : LA FRANCE ET L’ELECTRO, JE T’AIME MOI NON PLUS

Suite à la sortie de son nouvel EP “Walking on the moon“, The Supermen Lovers nous a fait part de son expérience électro.  Une rencontre qui nous amène à nous ouvrir aux musiques du monde. 

Guillaume Atlan alias The Supermen Lovers ne reste pas toute la journée dans son studio. En tout cas, ce n’est pas son genre. Quand il n’est pas sur son synthé pour réaliser ses compositions, il va dans les quatre coins du monde pour se produire en live. Ses voyages lui ont permis de découvrir d’autres cultures, ainsi que d’autres genres musicaux qui n’existent pas en France.

Dans ses périples, il ne s’arrête pas qu’en Europe. Il va en Sibérie, au Kazakhstan, et même cette année, il va se déplacer à Nouméa. « J’aime bien l’est, parce que les gens sont chouettes, les fêtes aussi », nous confie-t-il.  Au moment où il se rend à l’adresse du lieu du concert, c’est toujours la découverte. Les clubs sont souvent des endroits atypiques : une usine désinfectée, le dernier étage d’un immeuble… La surprise est toujours au rendez-vous.

« J’aime jouer partout », proclame l’artiste. Mais il avoue avoir une préférence pour les petites villes. Dans les grandes, « ils ne vont pas se mettre à se rouler par terre. Ça se lâche plus difficilement dans les villes importantes comme Londres, Amsterdam et Paris ».

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Mondialement, la France n’existe pas dans l’électro

Et ce n’est pas la seule raison de ce manque d’engouement. Il y a très peu d’évènements électro en France et ceux-ci ont tardé à faire leur apparition. Autour, en Europe et dans bien d’autres pays, cela fait des années que ces soirées existent. Guillaume Atlan pense réellement que la France a un problème d’ouverture sur le monde, « il se passe des milliards de choses dans le monde musicalement et ici, on n’est pas du tout au courant ». Les artistes français qui veulent se lancer dans ce genre musical sont même obligés d’aller à Ibiza pour se produire et se faire un nom… et dans notre pays, on n’en entend pas parler. « Pourtant on a eu une période où on s’est ouvert au monde et ça a fonctionné du feu de dieu. Aujourd’hui, on voit que dès qu’on se referme, on est complètement à l’ouest » ajoute-t-il.

Pour lui, l’industrie musicale considère simplement la France comme le centre du monde et elle ne voit pas au-delà. Si des DJ veulent se produire en France, « cela ne marchera pas, parce que la plupart des artistes ne sont pas connus ici, donc personne ne viendra les voir ».

Les maisons de disques à la traîne

Aujourd’hui, de nombreuses personnes et de labels fonctionnent avec le streaming. On sait par exemple que des artistes se sont fait connaitre grâce à Youtube. Les maisons de disques en France commencent seulement à se rendre compte de leur retard dans le marché musical. Les indépendants font beaucoup plus de vues qu’eux, ce qui a tendance à les agacer, « c’est un problème d’ouverture d’esprit. Et dans l’électro, c’est d’autant plus flagrant ».

D’après lui, de nos jours, on peut tout faire soi-même. On n’a plus vraiment besoin des maisons de disques, « c’est un outil de distribution, une banque, elles vont permettre de répondre à la demande quand tes titres marchent beaucoup ». Et encore, The Supermen vous dira qu’une banque fera aussi très bien l’affaire ! A l’étranger, elles ont su s’adapter. Les maisons de disques gèrent l’artiste en amont. Il n’est plus question de signer avec l’artiste après le buzz, comme « en France, elles adorent signer 4 ans après le buzz », mais de créer littéralement le buzz.

 

Fanny Labarre, article publié sur le site gfmlaradio.com

THE SUPERMEN LOVERS FAIT SON GRAND RETOUR AVEC UN NOUVEL EP

Seize ans après la sortie du titre Starlight, qu’est devenu The Supermen Lovers ? Nous sommes partis à sa rencontre pour la sortie de son nouvel EP « Walking on the moon ».

The Supermen Lovers est un nom en hommage au morceau de Johnny « Guitar » Watson, Superman Lover, « les gens s’attendaient à voir un boys band ou un truc du genre avec ce nom, mais non, désolé ! » raconte avec amusement Guillaume Atlan. Ce musicien américain de funk, jazz et soul fait partie des artistes qui ont baigné son enfance et son adolescence, avec d’autres titres disco-funk. A cette époque, Supermen se définit comme un véritable intégriste du funk. Ce style musical s’est imposé dans ses compositions, « je suis venu naturellement à ça, ce n’est pas une volonté, ça s’est fait de soi-même ». Depuis quelques années seulement, il commence à écouter d’autres genres musicaux, « quand on fait de la musique, on a l’impression (c’est qu’une impression) d’avoir fait le tour ». Même s’il essaye de faire autre chose, son titre finit par être funky. Il arrivera toujours au même résultat, c’est dans son ADN.

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Après une dizaine d’année au conservatoire, ce jeune parigot de naissance part jouer dans des formations d’acid-jazz-funk. Il découvre la house en 1993-94 lors des soirées au Palace, à Paris. Il se décide alors de quitter les groupes pour se mettre à l’électro. Il monte son premier label Lafessé Records en 1999 et produit des disques de house music sous le pseudo de Stan de Mareuil. Puis il crée le projet « The Supermen Lovers ». Il sort Marathon live puis Starlight et tout est allé très vite.

L’ENGOUEMENT ELECTRO AVEC STARLIGHT

La naissance de Starlight n’a rien d’extraordinaire en soi, « je bossais sur un instru et j’ai commencé à mettre les mélodies de voix en yaourt dessus ». Mais qui aurait cru que ce morceau aurait un tel succès ? Il demande à un de ses amis, Mani Hoffman, de chanter sur la musique. Ils co-écrivent ensemble les paroles. Dès la sortie du titre, en 2-3 jours, tous les stocks sont vendus. « Le distributeur m’a appelé pour qu’on en refasse », et il a dit non. The Supermen Lovers décide de « jouer avec les nerfs » de ses fans. Il rend le disque rare en réduisant l’offre. La demande monte. Tout le monde le cherche, « du coup même NRJ m’a appelé, il voulait passer le morceau mais, il fallait que je fasse partie d’une maison de disque ». Il fait alors le tour des maisons de disques. Avec l’engouement que suscitait le single, il pensait qu’on allait l’accueillir à bras ouvert. Mais elles lui ont toutes fermé les portes. Au final, BMG le signe en 2001 et Starlight explose : 2 millions de disques vendus. Il finit premier des charts en Europe et le titre devient un des plus gros tubes de musique électronique français.

Si aujourd’hui, nous continuons toujours à nous déhancher sur le morceau. Guillaume Atlan pense que si Starlight était sorti à notre époque, il n’aurait pas eu le même essor, « il y avait cette énergie, un nouveau style de musique qui a été propulsé par Daft Punk ». Depuis 16 ans, il y a eu de nombreuses musiques électroniques qui ont émergé, il serait passé à la trappe.

 

 

NOUVEL EP, WALKING ON THE MOON

Seize ans après Starlight, Supermen sort en janvier 2017 l’EP Walking on the moon , qui s’ajoute au label Word Up Records. Chaque morceau a son souvenir. Cet EP reflète une partie de son évolution dans l’électronique, « il y a deux ans, je bossais qu’en analogique, j’avais une énorme console », puis il a décidé de changer et il est passé au numérique. Les morceaux ont donc été retravaillés avec le nouveau matériel, pour être en adéquation avec les sons d’aujourd’hui. Ce changement marque un nouveau départ pour cet artiste.

The Supermen Lovers ne s’arrête pas à ses projets perso, il fait vivre le label et déniche des talents partout dans le monde. Il produit des artistes en France, en Belgique et même en Hollande. Entre autres, il vient de signer un jeune brésilien qui sort son premier EP en avril. De son côté, lui, Guillaume Atlan aimerait beaucoup collaborer avec Connan Mockasing, un Néo-Zélandais, « je trippe sur cet artiste, ces morceaux sont méga barrés ». Une collaboration ? On l’espère pour lui.

 

 

En attendant, retrouvez son EP sur Soundcloud ou Deezer.

 

 

 

Fanny Labarre, article publié sur le site gfmlaradio.com

Harcèlement scolaire : Lia devient agoraphobe

L’agoraphobie est une phobie qui s’immisce dans votre vie sans prévenir. Elle ne désigne pas seulement la peur de la foule, comme certaines personnes peuvent le penser, c’est tout simplement la peur des gens, de l’individu lui-même. Elle s’accompagne souvent d’une angoisse très élevée et d’états de panique à l’extérieur de la maison. Lia* nous raconte son histoire.

« On ne voit pas cette peur arriver, moi ça a commencé avec le harcèlement scolaire », raconte Lia*, âgée aujourd’hui de 25 ans. Elle a tenu tête à tout son collège, en Seine-et-Marne, de la sixième à la troisième. Arrivée au lycée, les jours lui sont devenus insupportables. Sa peur envers ses camarades s’est transformée en peur de tout le monde. Elle n’arrivait plus à aller à l’école, ni à sortir de chez elle. Chaque personne dehors la terrorisait.

« On essaye d’attendre que ça passe en souhaitant que ça passe le plus vite possible. »

Depuis la sixième, Lia* a subi des humiliations à répétition, du harcèlement. On lui crachait dessus. On la frappait, parce qu’elle était « grosse ». Chaque jour se répétait. Et ses amis fermaient les yeux face à sa souffrance. Elle a essayé de se révolter contre les élèves, « mais quand ils sont beaucoup à être contre nous, on se rend vite compte qu’on ne peut rien faire. On essaye d’attendre que ça passe en souhaitant que ça soit le plus rapidement possible ».

Pour fuir cet enfer, ressemblant à une cour de récréation et à des salles de classe gorgés d’élèves, cette collégienne trouvait refuge à l’infirmerie et à l’accueil de son établissement. Lia* a raconté tout ce qu’elle subissait, « mais ils n’ont rien fait ». Un jour, en sortant des toilettes, un garçon lui a mis un coup-de-poing dans la mâchoire. Elle leur a confié qu’il lui avait fait du mal, « il a dit qu’il n’avait pas fait exprès et l’école l’a cru pour ne pas faire d’histoire… ». Une fois chez elle, Lia* a dit à sa mère qu’elle avait mal, mais elle ne lui a pas avoué pourquoi. Cette dernière avait trop honte pour en parler à ses parents, « je pensais que si je leur disais et qu’il essayait de faire quelque chose ça allait être pire pour moi ». Elle s’était résignée au fait que personne ne pouvait l’aider, « au bout d’un moment, on accepte, ou du moins, on n’espère plus rien ».

L’agoraphobie, l’incapacité de sortir de chez soi

Elle s’était jurée que tout ça ne se reproduirait plus après le collège. Evidemment, cela ne s’est pas passé comme elle l’aurait souhaité. Il n’y avait plus les violences physiques, mais les humiliations morales étaient toujours présentes. Lia* avait peur. Et cette peur s’est amplifiée quand elle est passée en première. Quand il fallait sortir, « je pleurais, mon cœur battait beaucoup plus vite. J’avais du mal à respirer. J’avais des nausées et des maux de tête », elle n’avait plus aucune force dans les jambes. Elle était extrêmement fatiguée. Sa tête et son corps ne répondaient plus, elle faisait des malaises à répétition.

Elle n’était plus en mesure de se rendre en cours. Lia* n’y est plus allé pendant deux ans. Elle essayait de revenir petit à petit, avec l’aide des médecins, mais en vain. Ses parents ont essayé de trouver une solution, ils l’ont emmené chez tous les médecins qu’ils trouvaient. Celle-ci a fini par être hospitalisée pendant plusieurs mois dans un centre médical pour adolescents. C’est au bout de sa troisième année, avec le soutien de ses parents et de ses amis, que Lia* a enfin pu finir son année en tant que lycéenne et avoir son bac de français, « ils m’ont donné envie de me lever le matin pour rire toute la journée ! ».

Le regard des autres, maintenant elle s’en moque

Sa phobie a eu de multiples conséquences, que ça soit physique ou moral. Lia a perdu totalement confiance en elle et elle a énormément grossi, jusqu’à même à en devenir obèse. Aujourd’hui, cette jeune femme a encore des séquelles de son adolescence. Même si elle a perdu 50 kilos, Lia n’oublie pas cette période de sa vie, « je manque de tolérance envers les personnes qui se plaignent pour un rien et il me faut du temps pour vraiment faire confiance ! J’ai une très mauvaise vision de la société », mais aussi beaucoup d’appréhension par rapport aux comportements des gens. Lia s’est construit une bulle, où il est difficile d’y pénétrer. Maintenant, elle fait ce qu’il lui plait sans se préoccuper des autres, « je porte des chaussettes avec des Minions dessus ou un sac en peluche licorne si cela peut me faire du bien, je me moque complètement de l’avis des autres, je fais ce que je veux et au moment où cela me fait plaisir ! ».

*Dans un souci de confidentialité les noms, prénoms et lieux ont été changés pour préserver l’anonymat des personnes

 

Fanny Labarre, article publié sur le site gfmlaradio.com

 

Royside : De l’ombre à la lumière

Depuis sa chambre, Royside commence à écrire des poèmes à l’âge de 11 ans. Aujourd’hui, il partage son univers sur scène, avec toujours son large sourire aux lèvres. En pleine préparation de son premier livre, il a encore des rêves plein la tête. Nous sommes partis à sa rencontre le 21 janvier, avant son concert prévu à Trilport.

Royside, c’est une star à part entière. De son pseudonyme qui symbolise les différentes facettes de celui qui n’écoute pas avec le terme « ros » (créole) et « side » pour les différentes facettes de son métier. Et pourtant, c’est un homme très à l’écoute que nous avons rencontré.

CASSER CE MUR ENTRE L’ARTISTE ET LE PUBLIC

Les stars sont souvent représentées comme des personnes inaccessibles. On les voit seulement lors de leur prestation sans même pouvoir leur parler par la suite. Royside, lui, accueille chaque personne avant le début du concert. Chacun est invité à danser et à chanter avec lui pendant son interprétation, un bon moment de convivialité et de partage, « pour moi chaque être humain est une étoile. Je trouvais que le fait d’être sur scène mettait une limite entre le public et la star. Mon but est de casser cette limite et d’aller au plus près des gens ». C’est pourquoi, on peut le retrouver dans des bars, des petites salles et même dans des appartements ! Un concept original qui le mène rapidement à faire le tour de la France, « je me suis dit pourquoi je ne pourrai pas le faire pour une petite dizaine de personnes, ça fait très intimiste certes, mais au moins j’ai un contact particulier ».

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UNE SIMPLE FEUILLE ET UN STYLO

Tout a commencé à l’âge de 11 ans, une simple feuille et un stylo lui ont suffi pour exprimer ses rêves. Son grand frère lui fait découvrir le rap à ses 15 ans, « il en avait marre que j’écoute les boys band et les girls band de l’époque ». Grâce à lui, il découvre un nouveau genre musical, un registre qui lui correspond, « j’habitais dans une cité mal fréquentée à Aulnay-sous-Bois et c’était vraiment ce que je vivais au quotidien ». Kery James, Youssoupha ou encore Gaël Faye sont des rappeurs dont il s’est inspiré, « pour moi, Gaël Faye n’a pas toute la reconnaissance qu’il devrait avoir en tant que rappeur et d’ailleurs, il a sorti un livre il n’y a pas longtemps. Ça m’a encouragé à écrire le mien ».

Ses poèmes passent du papier à l’interprétation. Au lycée, alors qu’un de ses amis découvre l’une de ses compositions, « il m’a dit tiens ça serait bien que tu puisses les poser sur de l’instrumental rap ». Il tente alors l’expérience. Au fur et à mesure, il découvre qu’il n’arrive pas à faire ressortir totalement tout ce qu’il ressent. C’est alors qu’il découvre le slam dans un bar, avec une amie, « je me suis dit là, je peux vraiment mettre en avant chaque mot et prendre le temps de pouvoir les exprimer ». La naissance de l’artiste Royside débute lors d’une séance d’improvisation à Paris. Il fait la rencontre d’un groupe de musiciens admiratif de son travail qui lui demande de devenir leur chanteur, « pour moi, c’était un rêve de gosse de me dire un jour, j’aurais des musiciens avec moi ». Ils se lancent ensemble dans l’aventure et font naitre deux albums. Ils finirent par se séparer des années après et il rencontra alors les deux musiciens qui l’accompagnent aujourd’hui : Ludjy Marajo, Nicolas Lienard. L’album « L’envolée » sort alors fin 2014.

UN MESSAGE DE PAIX INTÉRIEURE

Cet orateur au grand coeur est très actif dans le milieu associatif et culturel. Il donne des cours d’écriture à des collégiens et organise des conférences/débats publics. Il n’hésite pas à partager sa vision positive et ses pensées de paix intérieure lors d’évènements pour des associations dans le besoin, mais aussi sur ses réseaux sociaux à travers ses citations et vidéos. « Je pousse chacun à se battre pour réaliser ses rêves. Au fond, le plus dur, c’est de prendre la décision de réaliser son rêve, puis après, il faut juste se lancer », précise le chanteur.

Ce sourire aux lèvres, Royside ne l’avait pas aussi souvent auparavant, « ceux qui me connaissent depuis plus de dix ans diront que je suis un peu passé de l’ombre à la lumière ». Il était renfermé sur lui-même et n’avait pas confiance en lui. C’est lors d’un concert au centre pour enfants de rééducation et de réadaptation fonctionnelle Le Brasset à Meaux, qu’il s’est rendu compte que la noirceur et la tristesse de ses textes n’étaient rien comparées à ce que ces enfants ont vécu, « je suis arrivé devant eux, debout sur mes deux jambes, en pleine et bonne santé et je me disais, je ne peux pas être en face de ces jeunes et parler de mes difficultés ». De ça, est sortie le titre « Mais j’y arriverai » de l’album « L’effet papillon vol.1 » et d’autres morceaux. A travers sa plume, il n’a qu’un souhait : démontrer que chaque personne peut atteindre son rêve, peu importe d’où il part. C’est d’ailleurs le sujet de son livre en préparation, « je vais parler du fait de partir de quelque chose et d’atteindre son rêve ». On l’attend avec impatience…

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– Générations Fréquence Mouv

Fanny Labarre, article publié sur le site gfmlaradio.com